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Esprit de résistance

Tout porte actuellement à la démobilisation. Impression générale d’impuissance devant des mouvements de plaques tectoniques qui nous dépassent. Fin d’un monde et transition vers des temps nouveaux qui s’annonce douloureuse. Retour de la violence, de la pauvreté, impuissance du politique. Personne ne semble pouvoir maitriser ces forces qui détruisent notre sécurité passée et qui prétendent construire de nouvelles réalités. Nos clés d’analyses semblent comme usées, notre prise sur la réalité bien émoussée, nous avons même perdu toute notion de cap. Alors à quoi bon faire semblant ? A quoi bon ces paroles creuses qui ne font que souligner notre terrible impuissance ?

Comme un parfum d’années trente. Lassitude et démission. Et puisque les classes dirigeantes ou possédantes sont toute discréditées, la tentation est grande de laisser les clés de la planète aux masses révoltées, aux populismes de tout bord, si prompt à désigner milles ennemis simplistes pour mieux canaliser toutes nos frustrations.

Vraiment ?

L’enfer des années quarante devrait pourtant nous guérir de la démission des années trente. En fait non. Les crises actuelles nous font simplement mieux comprendre les ressort psychologiques des années trente, et nous nous apprêtons à répéter les mêmes erreurs, et nous répétons déjà les mêmes erreurs. Et nous savons pourquoi. Et nous savons aussi où notre démission et notre lassitude nous conduiront, si nous ne nous réveillons pas.

Non seulement cette démission risque d’être rapidement horriblement coupable, mais plus absurde encore, elle semble déjà complètement infondée. Les temps nouveaux sont bien loin d’être écrits, alors ne laissons pas la plume aux mains d’infâmes, mais saisissons nous en, pour s’assurer que le futur vaille la peine d’être vécu.

Esprit de résistance, car si le politique trop souvent semble dépassé, c’est donc à vous, et donc à moi aussi, de dire de quelles pierres notre cité doit être construite. Quels que soient les temps nouveaux, les tempêtes présentes, il est des règles d’or écrites dans le sang et que je défendrai quoi qu’il en coûte, avec humilité mais détermination. Respect de l’autre et liberté de pensée.

Un humanisme européen qu’il est grand temps d’affirmer, d’opposer, sans arrogance mais sans concession, face au djihadiste décérébré, au nationaliste apeuré, face aussi à la plateforme digitale qui détruit sous nos yeux la notion même du travail. Quel que soit demain, ce sont les hommes qui le feront et le font déjà. Loin de démissionner nous devons nous approcher de la fournaise, et sans relâche forger ce fer brutal pour mieux façonner le monde de demain.

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