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Trop courte réponse à Alexis Feertchak

Courte réponse à Alexis Feertchak sur son article ‘’Union européenne: vous n’avez pas le monopole de l’Europe!’’ paru dans le FigaroVox (http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2015/05/28/31002-20150528ARTFIG00204-union-europeenne-vous-n-avez-pas-le-monopole-de-l-europe.php)

La réponse la plus simple est sans doute la meilleure: ‘’Oh que non!’’, même si j’avais articulé une réponse beaucoup plus longue (Europe Coupable, Europe Solution – voir ce document) au moment d’une crise européenne qui m’avait fait rager.

Mais élaborons un peu pour l’intérêt du débat.

Vous mettez en scène une confrontation entre ‘’européistes’’ et ‘’souverainistes’’, je ne sais pas ce que signifie européiste car je ne suis pas sûr qu’il y ait des partisans de l’Europe quel que soit son contenu. Pour ma part je suis un européen fédéraliste, donc extrêmement critique vis à vis de l’Europe intergouvernementale actuelle, dont je suppose vous voulez encore renforcer le caractère inter-étatique. Je comprends que vous êtes un souverainiste, donc un partisan de la souveraineté des États. Vous avez de la chance, au moins vous êtes depuis le Conseil de Nice qui en décembre 2000 a enterré l’Europe communautaire, dans le camp des gagnants. Gagnants certes, mais fort peu transparents. Quelle Europe voulez-vous exactement? Quels en serait en gros les principes et le fonctionnement? Encore plus de blocages? Encore plus de déni démocratique en laissant nos monarques s’arroger seuls la représentation de leurs bons peuples?

Moi je suis partisan d’une triple souveraineté, locale, nationale et européenne et je pense que la seule façon de l’articuler efficacement et démocratiquement et de lui donner une forme fédérale. Là où vous avez sans doute raison c’est que je viens d’utiliser l’adjectif européen alors que loin de moi la prétention de réunir dans cette fédération l’ensemble des États européens. Culturellement je suis pan-européen, de l’Atlantique à l’Oural, politiquement la souveraineté ‘’européenne’’ que je défends ne peut que concerner qu’un nombre limité d’États voulant réellement partager et défendre une souveraineté commune. Mais permettez moi de garder mon adjectif européen, car chaque état européen, de l’Atlantique à l’Oural, doit avoir la possibilité soit de rejoindre soit de ne pas rejoindre cette fédération. Même si ce n’est pas pour demain.

Soyons clair je déteste l’Union Européenne actuelle. Toujours loquace sur tant de sujets où elle n’a que des compétences réduites, promettant tout et ne délivrant rien, peu transparente, inefficace et illégitime car non démocratique, club des égoïsmes, du manque d’audace. Décennies après décennies notre belle Europe se rapproche de plus en plus du Saint Empire Germanique, conduit par un Empereur (en fait trois qui s’agitent beaucoup) mais qui ne sont que les jouets des Grands Princes Électeurs. On aurait pu espérer mieux comme aboutissement de deux siècles de luttes démocratiques. Vous voyez si cela peut vous rassurer vous n’êtes pas le seul à être frustré même si nos raisons sont sans doute diamétralement opposées.

Nous ne réglerons ici pas le cas de l’absence de politique économique européenne, mais je dois dire que je suis fasciné par la fixation que font les souverainistes sur Maastricht, ce pauvre traité qui n’a jamais été appliqué et ne le sera jamais. Mais peut-être cet épouvantail sémantique vous sert-il aussi à simplifier votre message, … un peu comme cette Europe passe-partout de ceux que vous désignez comme européistes. A moins que cette fixation ne soit que le symbole d’une Europe qui n’a rien su faire d’autres que de créér deux trois outils économiques et financiers, là où on est en droit d’attendre bien plus de consolidations.

Vous aimez les complots, la CIA en Ukraine, le gang Giscard-Monnet faisant main basse sur la démocratie en Europe, gare aux simplismes même s’ils sont intellectuellement confortables donc sans doute rassurants.

Vous semblez être un chaud partisan de Sarkozy, mais pourquoi la première chose que ce héros national a faite après son élection en 2007 a-t-elle été de flouer les électeurs en imposant un traité de Lisbonne qui contient l’essentiel d’une constitution européenne rejetée par 54,68% des Français?… Pourquoi ce superbe héros national non soumis au mensonge de la nécessité a-t-il été si timide vis à vis de Merkel sur la gestion de la crise grecque?…

Mais je pense que nous pouvons tomber d’accord sur un point, l’Europe actuelle est vouée à l’échec, et avance encore tel un canard sans tête. La bonne nouvelle étant que les jours qui précèdent ont vu pas mal de mouvements du côté des fédéralistes (Verhofstadt, Gabriel et bonne surprise Macron).

Chic le débat va se réouvrir.

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