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Petit rappel grec de la part du FMI

La Grèce repointe son nez dans l’agenda européen et nous rappelle bien des mauvais souvenirs. Vous vous souvenez ? La crise bancaire de 2009 que l’Europe, ou plutôt la non-Europe, avait si mal gérée que les marchés avaient finalement compris que l’Europe n’existait pas, que chaque pays était laissé seul face à ses propres difficultés. Donc fin de la convergence des taux, donc explosion du coût de la dette pour les plus faibles, donc crise de la dette grecque en 2010. À laquelle la non-Europe s’était bien sûr montrée incapable d’apporter une réponse européenne. Rappelons que certain ont même cru que l’Euro allait disparaître en raison de l’incapacité de l’Europe à résoudre la dette d’un État de l’Eurozone représentant 2,5% du PNB de son PNB (ou 1,8% du PNB de l’Union Européenne de 2010).

Non pas que l’Europe n’ai rien fait, aidée du FMI (sans lequel notre pauvre Europe aurait bien été incapable d’articuler quoi que ce soit), elle a mis en place deux plans successifs, un de 110 milliards d’€ en 2010 (soit la bagatelle de 47,8% du PNB grec de 2010), puis un nouveau plan de 164,5 milliards (soit 86% du PNB grec de 2012, et enfin 86 milliards en 2015, et ce alors qu’en moyenne les plans d’assistance du FMI représente seulement environ 3% des PNB des pays assistés). Donc une avalanche de nouvelles dettes pharaoniques pour la Grèce dans un schéma classique, qui n’a rien d’Européen. Je reste pour ma part convaincu que la crise dette aurait été rapidement balayée si la Chancelière allemande avait suivi les conseils avisés de ses économistes qui lui suggéraient la création d’un fond européen de rédemption…

Mais bon, 6 ans plus tard, avec toujours 24% de chômage, toujours en récession, la Grèce progresse que très lentement dans la résorption de ces déficits. Et l’on commence à préparer doucement la revue du programme d’aide censé se terminer en août 2018. Élément nouveau et croustillant le FMI s’impatiente de l’absence totale de réalisme et de solidarité des Européens. Là où l’Europe exige un excédent budgétaire de 3,5% pour 2018, le FMI estime que ce serait déjà fantastique si la Grèce pouvait faire 1,5%. Et à considérer l’évolution du déficit budgétaire grec ces dernières années on ne peut que donner raison au FMI :

Grece defbudg

Le FMI demande également à l’Europe de considérer très sérieusement une restructuration de la dette grecque, ce que certains pays en Europe ont bien du mal à entendre. Le FMI a annoncé brutalement la couleur, pas d’engagement au-delà de 2018 si la soutenabilité de la dette grecque n’est pas assurée. Et seuls deux moyens drastiques pourraient permettre d’atteindre cet objectif, une refondation très profonde du système de retraite grec ou bien un allègement considérable de la dette vis à vis des pays européens. Le FMI va jusqu’à suggérer une période de grâce sur les intérêts et le capital jusqu’en 2040. Les bailleurs de fonds non-européens du FMI commencent effectivement à se lasser de cette exception grecque tout à fait injustifiée et qui n’existe que parce que la riche Europe se montre tout à fait incapable de régler ce petit problème, que la non-Europe a transformé en problème existentiel.

Comme notre non-Europe s’est montrée depuis 1989 tout à fait incapable de résoudre quelle que crise que ce soit, gageons que la crise grecque ne va pas tarder de resurgir, au plus tard en 2018.

 

 

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