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Le Fintech, triste symbole de la déchéance européenne

Les chiffres d’investissement dans le Fintech du premier trimestre de cette année sont affligeants de clarté :

  • Asie : 2,6 Mrds $ (dont 2,4 Mrds pour la seule Chine)
  • Amérique du Nord 1,8 Mrds $ (dont 0,6 pour New York et 0,5 pour la Californie)
  • Europe 0,3 Mrds $ (dont 162 Mn pour le Royaume Uni et 106 Mn pour l’Allemagne).

Le fintech , ce sont les nouvelles technologies digitales appliquées à la finance et qui sont en train de redéfinir lentement mais surement le paysage de la finance mondiale.

Ces chiffres sont dramatiques car ils nous renvoient brutalement à bien des analyses des années 60-70. C’est à la fois le Quand la Chine s’éveillera le monde tremblera de Peyrefitte, et tout l’échafaudage européen qui était sensé assurer à notre continent une place dans le monde de demain (donc d’aujourd’hui) face à de grands ensembles qui allaient rendre dérisoire la taille de nos nations européennes. Et bien nous y sommes, sauf que la Chine s’est bien réveillée et que l’Europe ne s’est pas unie. Ce chiffre de 300 Millions semble tellement ridicule face à la réalité des nouvelles puissances du moment.

L’Europe a bavassé, a fait semblant, nous a soulé de mots pompeux mais tellement creux. Et aujourd’hui ce ne sont pas seulement les différents États européens qui semblent dérisoires, mais c’est l’Europe dans son ensemble qui est devenue quantité négligeable. Une zone de deuxième ordre, sans grande importance. Prête à glisser á la poubelle de l’histoire.

Il faut entendre les jeunes créateurs de startup fintech en Europe. Sujet que je suis avec passion à Berlin, dans une ville qui rassemble le cœur de la fintech allemande. Brutale désillusion face à une Europe bancaire complètement fragmentée, qui ne permet aucun développement rapide et qui même incite nos jeunes pousses à tenter leur chances aux Etats-Unis ou en Asie après avoir essuyé deux ou trois déconvenues européennes, pour enfin trouver le grand marché que l’Europe leur a ravi. Ils sont très amers de constater qu’on leur a menti, que l’Europe n’existe pas, alors que naïvement ils y croyaient.

L’Europe a complètement failli, la division souverainiste de l’Europe intergouvernementale a tué le projet européen, et nous sommes à la saison de la récolte de ce que nous avons semé depuis plusieurs décennies. Il a fallu une crise bancaire violente pour accoucher d’une sourie qui porte très mal son nom. L’Europe bancaire est une triste et mauvaise plaisanterie qui cache un vide ou une réalité dangereusement inachevée qui est tout bonnement scandaleuse.

Personnellement je ne m’étonne pas du populisme ambiant, il ne faut pas prendre le bon peuple pour plus stupide qu’il n’y paraît. Et les mensonges démagogiques de notre establishment bruyant mais incompétent, ne peuvent cacher l’acte de véritable trahison qui se joue depuis trop longtemps.

L’Europe intergouvernementale a tout simplement réduit à néant nos chances d’égaler les nouveaux grands. Le bon peuple l’a bien senti, mais complétement déboussolé il rue dans les brancards en donnant des coups de sabot encore plus souverainistes, sans doute pour mieux laver les bêtises de notre Europe actuelle dans un chaos encore plus nationaliste.

Moi je veux simplement que l’on fasse ce que l’on aurait dû mettre en place dès les années 70 et que la France a déjà refusé par 3 fois : une Europe fédérale, c’est à dire une Europe à la fois démocratique et efficace, donc enfin légitime et dont on pourrait enfin être fier.

Il n’est jamais trop tard pour refuser les défaites que l’on s’est soi-même infligé.

 

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