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LaREM et le signal populiste de Claudia Chwalisz

Comme je suis allé ce week-end à Munich pour le CoPil de LaREM Autriche-Allemagne j’ai eu tout loisir d’enfin lire dans le train The populist signal de Claudia Chwalisz que je m’étais promis de lire depuis bien longtemps. J’ai découvert Claudia grâce à Twitter au moment où je rêvais d’un TheHague2.0 et d’autres véritables conventions démocratiques à l’échelle européenne (cf mes différents post sur ce sujet). Nous avons échangé par mails et j’apprécie grandement les points de vue et l’expertise de Claudia sur cette question passionnante de l’innovation démocratique et du dépassement de notre démocratie représentative actuelle.

Il y a sans doute là matière à réflexion pour ceux qui travaillent à réintégrer le citoyen au cœur des réformes de nos sociétés. Un petit livre donc que Castaner et les responsables de LREM devraient lire et dont nous devrions nous inspirer.

LREM a réussi a complètement renouveler le paysage politique français, à faire venir à la politique de nombreux Français qui jusqu’alors ne s’étaient jamais engagés politiquement, et a largement intégré, tant pour la campagne présidentielle que pour la campagne des européennes en préparation, un dialogue complètement nouveau avec les électeurs, ceux-ci participant activement à l’élaboration des programmes via une méthode développée par Liegey Muller Pons. Génial et un grand bravo.

Gros bémol dans ces louanges, et parenthèse nécessaire, reconnaissons que LREM n’a pas encore su mettre en place un parti moderne et démocratique, même s’il est tout à fait compréhensible qu’un mouvement soudainement au pouvoir et parti de rien quelques mois auparavant ait d’autres priorités que de délivrer immédiatement sur ce point. Donnons donc un peu de temps à LaREM pour se transformer, et à vrai dire ce n’est pas l’objet de ce billet.

LaREM essaie déjà d’utiliser la richesse sociologique de ses comités locaux pour faire remonter des observations du terrain et des pratiques exemplaires qui peuvent être utiles pour le pays. Ces tentatives sont extrêmement précieuses mais sans doute pas encore suffisamment structurées. Une façon de grandement professionnaliser ce reflexe très sain serait d’aller au-delà des initiatives individuelles de quelques précurseurs, et d’intégrer à la mission de LaREM l’utilisation du concept de démocratie participative tel qu’étudié par Claudia Chwalisz.

Une des raisons essentielles à la montée actuelle du populisme réside dans le sentiment de plus en plus répandu que notre démocratie dite représentative ne représente en fait qu’une élite qui s’enlise dans ses préjugés et ses modèles culturels qui ne sont plus du tout reliés aux réalités vécues par la majorité des citoyens. La Belgique, les Pays-Bas, l’Irlande et d’autres pays encore ont développé quelques exemples très intéressants de démocratie participative où des assemblées de citoyens tirés au sort mais représentatifs de la sociologie des territoires qu’ils sont sensés représenter, accompagnés de politiques et d’experts, arrivent à dessiner des solutions pragmatiques qui non seulement trouvent l’assentiment de leurs concitoyens mais redonnent un sens nouveau à la démocratie.

Je suis convaincu que LREM pourrait devenir un laboratoire extrêmement utile à la fois à la modernisation du pays mais aussi au renouveau démocratique en s’inspirant de tels exemples et en les mettant en oeuvre en France.

 

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