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De Juppé à Valls, en évitant soigneusement Macron?

Les futures élections présidentielles sont vues comme étant celles de la dernière chance, pour enfin mettre fin à la sinistrose qui nous étreint depuis plus de 25 ans, et pour enfin stopper le déclin maintenant si évident du pays. On cherche encore cette fameuse ‘’rupture’’ magique qui reste à ce jour introuvable, et sans laquelle le pays risque de glisser tout simplement vers le chaos.

Les problèmes et les solutions sont à vrai dire régulièrement doctement analysées et présentées, avant d’aller tranquillement dormir dans les placards dorés de la République. Le problème est donc purement politique: comment réunit-on la France sur un agenda de réformes ambitieuses, et comment construit-on une majorité qui puisse résister à la violence des différents conservatismes?

Je suis depuis 2006 un chaud partisan de François Bayrou et membre du Modem de la 1ère heure. Bayrou reste aujourd’hui à mes yeux la personnalité politique présentant la meilleure analyse de la situation du pays, et promouvant les valeurs qui sont les plus à mêmes de rassembler les Français, et qui donc incarne à mes yeux le mieux le leadership politique que je souhaite au pays. Ce qui n’exclut naturellement pas bien des faiblesses, et qui expliquent sans doute la timidité des résultats électoraux de ce mouvement qui n’a réussi ni à rassembler les centres ni encore moins à mobiliser le pays. Mais comme disait Mirabeau les circonstances sont bien grandes et les hommes bien petits…

Si je suis convaincu que seule une majorité de Juppé à Valls peut réformer le pays, je ne suis pas convaincu que Juppé soit le plus à même de la conduire. Son ancrage à droite est trop fort et trop historique, il ne fera que l’union de la gauche et ce dans la rue. Bayrou serait sans doute la personne la mieux placée pour conduire cette majorité…si lui-même et sa fichue solitude, n’étaient pas ses plus grands ennemis.

Nous verrons bientôt quel est le destin de Juppé, et donc aussi celui de Bayrou, mais comment intégrer aujourd’hui la baby planet Macron dans cet univers de recomposition de la vie politique française? Évidemment tout nouveau venu capable de prendre une place au soleil dérange. Pour ma part je souhaite très sincèrement à Emmanuel Macron le succès fulgurant et facile auquel il a l’audace ou la folie d’aspirer. Mais il devra sans doute rapidement toucher du doigt des réalités exigeant bien plus de patience, et le conduisant par bien des méandres. Mais est-ce une raison suffisante pour nier l’intelligence, la nécessité et le courage de cette démarche rafraichissante?

Je ne dis pas que Macron soit le leader naturel de cette majorité introuvable, mais je dis qu’il est suicidaire de vouloir torpiller cette tentative avant même de savoir quelle va être sa substance. Et il est déjà évident qu’elle appartient à la grande famille des centres, alors commençons par l’accueillir comme telle, et donc avec la sympathie qu’elle mérite. Et s’il serait sans aucun doute complètement irresponsable de céder aux mirages de la nouveauté et de tout abandonner pour la suivre sur le champ, il est tout autant irresponsable de la condamner avant même qu’elle n’existe réellement.

Ou bien le problème est-il plus profond? Ce dénigrement viendrait-il du fait que le centre en France est absolument incapable d’intégrer le centre gauche ? Ce qui participe grandement au discrédit de la vie politique et nous interdit toute sortie de crise. Ou bien veut-on vraiment laisser la France à l’extrême droite?

Emmanuel Macron, bienvenue et bonne chance, puisses-tu réussir … à nous faire réussir tous ensemble.

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