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LREM, Modem ou Volt? Ou bien tout simplement passionnément européen?

Un responsable Modem FFE m‘a dit que ses amis de la LREM me considèrent comme MoDem alors que lui considérait que j‘avais quitté le MoDem pour LREM. Il m‘a donc logiquement demandé comment je me définissais. J‘étais flatté de la question car cette ambiguïté marque bien le respect que je porte à chacun de ces mouvements. Pour clarifier je lui ai dit que la réponse objective est que je suis un membre actif de la LREM, sympathisant Modem, seulement sympathisant puisque je n‘ai pas renouvelé une adhésion de 10 ans, et … de plus en plus sympathisant Volt !

Alors évidemment un tel éclectisme politique fait froncer bien des sourcils et risque bien de me faire rejeter par chacun de ces mouvements. Qu‘importe, pourvu que je reste fidèle à ma conception de la liberté et à ma passion indécrottable pour l‘Europe.

Mais en même temps (!…) ces questions ou ces réserves à mon endroit m‘inquiètent aussi un peu, non pas pour ma petite personne qui ne mérite aucune attention, mais pour la préparation de la campagne des européennes. J’espère qu’elles ne préfigurent pas de futures querelles de chapelles qui n’ont pas lieu d’être à un moment où l’urgence historique est de mobiliser les pro-européens de tout bord et faire en sorte que l’on gagne tous ensemble. Tous, c’est à dire même bien au-delà de la majorité présidentielle actuelle. Il faut construire une liste qui ne porte pas les couleurs de cette majorité mais qui porte les couleurs de l‘Europe. Une liste pour laquelle pourrait même voter l‘électeur du Front National quand on aura pris le temps de le respecter, de lui parler, et de lui expliquer, par exemple, que l‘Italie offre aujourd‘hui une chance exceptionnelle à l‘Europe d‘enfin trouver une solution européenne à la question de l‘immigration. Pourvu que les populistes soient sincères et cherchent des solutions et pas seulement des problèmes à agiter fébrilement devant des électeurs un peu perdus. Et pourvu que les Grands Princes Électeurs qui siègent au Conseil Européen cessent de considérer cette institution européenne bancale comme le miroir de leurs pâmoisons narcissiques et égoïstes.

Donc la question n’est pas de savoir si untel se considère plus comme Modem ou LREM, la question est de savoir comment faire gagner l‘Europe à un moment de notre histoire qui nous rappelle singulièrement Weimar. Tout ce qui nous détourne de l‘effort commun devient pour moi rapidement hors sujet…

Et c‘est bien pour cela que je me suis mis en marche quand j‘ai entendu les premiers discours européens d‘Emmanuel Macron et que mes amis du Modem continuaient à se poser des questions métaphysiques. Même si mon ADN politique reste exactement ce que Bayrou a eu le grand mérite de faire incarner au Modem, je suis en Marche parce qu‘il ne suffit pas d‘avoir raison, faut-il encore savoir gagner et impacter la réalité. Macron a su créer l‘évènement et gagner, et depuis un an il a su réformer comme personne n‘a osé le faire en France, et pour moi encore plus important on l’aura compris, il a su réveiller la belle au bois dormant européenne même si cette grande capricieuse n‘a pas encore daigné sortir de son lit.

Mais c’est aussi cette même obsession européenne qui me rend impatient vis à vis d’un parti qui finira par lasser s’il se complait trop rapidement dans le rôle de simple parti de pouvoir, seulement attaché à louer les faits et gestes du Président français. Macron a gagné sur l’audace d’un discours de vérité et la crédibilité d‘une énergie de combat pour mettre fin à bien des situations inacceptables. Le combat, tant français qu‘européen, est loin d‘être gagné et nous devons garder ce langage de vérité, cette impertinente audace, et cette énergie volontaire vis à vis d‘une actualité qui ne nous épargne pas. Cela laisse à ce stade peu de place pour l‘autosatisfaction ou pour la Comm pour la Comm…

Le Président jouit de bien moins de liberté que le candidat, aujourd’hui il ne peut plus empiéter sur les platebandes politiques locales de ses interlocuteurs européens, à commencer par celles de la chancelière allemande. D‘où l‘immense intérêt de Volt qui a l‘opportunité de créer ce parti progressiste européen dont nous rêvons tous, que le Président français n’a plus la liberté de lancer, et que le Modem a tenté courageusement d‘initier avec le PDE il y a déjà quelques années de cela, mais sans grand impact. Ne faisons rien qui puisse étouffer l’élan juvénile de Volt, bien au contraire supportons–les. Ils sont en train de construire ce que nous voulions faire, nous qui nous sommes un peu trop rapidement mis au garde à vous devant un Parlement Européen conservateur et devant des Chefs d’États et de gouvernements inquiets de tout élan politique supranational. Puisse Volt réussir et préfigurer l’Europe politique du XXIème siècle. Je souhaite le plus grand succès possible à ce mouvement naissant.

Nous avons besoin de tout le monde, et il ne s’agit pas de se disperser dans mille initiatives concurrentes. Unissons toutes les voix pro-européennes d’où quelles viennent, et il y en a de superbes au Modem, j‘en voudrais encore plus à LaREM, et j‘ai hâte de voir Volt se mette à rugir au nom d’un peuple européen qui se cabre devant les erreurs et démissions de l’Europe actuelle.

Unissons tous les pro-européens comme gage de réussite de l’union de l‘Europe.

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