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La France c’est tous ensemble.

Le mouvement des gilets jaunes offre une excellente opportunité à Emmanuel Macron et à son gouvernement de corriger la perception de leur politique. Si les réformes déroulées depuis le début du quinquennat sont excellentes, et doivent être continuées, il a manqué au pouvoir exécutif et à En Marche depuis un an une réelle empathie sociale. Le mouvement des Gilets Jaunes est la conséquence logique de ce grave défaut, aggravé par une communication souvent désastreuse et des comportements maladroits.

Pourtant l’ADN de la majorité présidentielle réside dans des réformes qui ont pour but de redonner à chacun sa chance, dans le respect de chacun d’entre nous. Hâtons-nous donc d’ouvrir un dialogue extrêmement sincère, fraternel et patriotique, avec ceux qui viennent nous crier dans les oreilles que l’on n’a bien sûr pas le droit de les oublier, que la France c’est aussi eux, si ce n’est avant tout eux. La République ne peut se concevoir sans son peuple. La République c’est avant tout le secours fraternel porté à ceux qui en ont le plus besoin.

Les violences sont inadmissibles, inacceptables et on attend ici de la force publique une gestion intransigeante. Mais ces violences ne doivent pas cacher la sincérité et malheureusement l’importance du bien-fondé de ce mouvement de colère.

Osons prendre ce mouvement de révolte pour ce qu’il est, du pain béni pour enfin corriger nos erreurs.

Constatons d’abord que ce mouvement n’est pas du tout porté par les populistes, idéologues démagogues verbeux de tout bords, et que le peuple sait incompétents et simples profiteurs de sa détresse.

Il est maintenant urgent d’ouvrir un dialogue intense, sincère et conséquent avec les gilets jaunes pour adresser très sérieusement le problème de la mobilité en zone rurale, la répartition du coût de la transition écologique et la protection du pouvoir d’achat des milieux les plus fragilisés. Il ne s’agit pas de faire une fois de plus de la Comm orchestrée par l’État ou par tel ou tel parti politique, mais de réellement intégrer des citoyens révoltés dans la définition de solutions à des problèmes importants. Nous n’avons pas le droit d’échouer. Si nous échouons nous risquons de perdre la République.

Ayons aussi la pertinence de constater que le nécessaire dialogue qui s’ouvre montre les manquements de notre organisation parlementaire actuelle. Théoriquement le parlement aurait dû être le cadre idéal pour prévenir de tels dérapages sociaux et politiques et intégrer tous les éléments de réflexion et de solution. Cela n’a pas été le cas, et explique aussi un populisme hors système. Cela montre que le simple renouvellement du parlement pourtant bien réel avec l’arrivée des 309 députés En Marche n’a pas suffi, que le besoin de refondation politique est plus profond. Un moment salutaire pour réfléchir à l’intégration des simples citoyens au travail parlementaire, sous forme par exemple de commissions de citoyens tirés au sort.

Je suis sans doute un peu fou car je suis presque heureux de ce qui se passe actuellement en France. Voilà un pays qui connaît les mêmes terribles angoisses socio-économiques que bien des pays du Nord, et qui sont à l’origine de nombreux séismes nauséabonds de part le monde (Trump, Brexit, Salvini etc). Or le peuple de France n’a à ce jour pas porté au pouvoir l’expression maléfique de ses peines et de ses peurs. Il préfère se révolter pour dire à ses gouvernants, je vous en prie écoutez-moi avant qu’il ne soit trop tard, prenez enfin mes peines en compte, travaillons ensemble à des solutions acceptables pour tous.

Alors ayons l’intelligence de dire merci et de nous hâter de lui répondre intelligemment, fraternellement. Remercions-le de nous offrir cette opportunité unique de corriger tous ensemble nos erreurs. Remercions-le de nous faire passer un message si important en début de mandat présidentiel, à 6 mois des prochaines élections. Il nous donne une fantastique opportunité d’apporter des réponses justes et républicaines et de refonder tous ensemble notre contrat social pour mieux affronter l’avenir. A nous de prouver, que les vraies solutions se construisent ensemble dans un débat républicain et non pas dans la fuite dans le populismes ou l’extrémisme.

M. Macron, M Philippe, Messieurs Guérini et Person, M. Bayroux (liste de responsables politiques qui manque bigrement de femmes !…) nous devons être exemplaires et extrêmement rapides. Saisissons cette opportunité unique. Tout de suite. Pour notre admirable République.

La France c’est tous ensemble !

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  1. Sur le fond tu as raison, mais une frange de la population et certains de ses élus sont inaptes au dialogue. Mis en échec, ils ne songent qu‘à détruire.