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Trump nous lance la réalité de Gavroche au visage

Maintenant que la poussière, pour ne pas dire la fange la plus malodorante, est retombée après l’élection de Trump, on peut commencer à en tirer quelques leçons utiles si on veut éviter la dérive complète de l’Ancien Monde occidental.

C’est donc la revanche des oubliés, des laissés-pour-compte, ceux qui n’ont pas su, ou qui n’ont pas pu, ou qui ont été durement rejetés par la globalisation. Ce ne sont pas des chômeurs (avec un taux de chômage de moins de 5% les USA sont prêts du plein emploi), mais ce sont des employés précaires, des travailleurs pauvres, des gens qui n’en peuvent plus devant l’hypocrisie de notre société occidentale, devant une architecture politique, sociale, fiscale qui traverse les décennies comme un vaisseau fantôme bruyant et omniprésent, mais vaisseau fantôme, car creux, qui a survécu à un monde qui n’est plus, qui ne correspond plus aux besoins et à la réalité du moment.

Jeremy Rifkin a tort. La Zero Cost Margin Society n’est pas une libéralisation béate de l’homme, elle crée pour l’heure trop de laissés pour compte, et si elle veut devenir nouvel équilibre de libéralisation, elle doit s’en plus tarder réellement intégrer dans son sein les plus fragiles d’entre nous. C’est notre devoir le plus sacré en tant qu’être humain, et notre devoir le plus stratégique en tant que citoyen cynique. Car l’establishment a oublié la réalité d’un Gavroche que l’on a enfermé dans une douce imagerie mythique. Non Gavroche n’appartient pas à la belle littérature, mais à la rue d’aujourd’hui. La peur et la colère rendent Gavroche fou, raciste, rempli de haine contre son prochain, vulgaire et violent. Il est prêt à tout casser, même à renier son humanité.

Il est donc temps de remettre le social au premier plan. Un social à repenser du tout au tout. Il faut à la fois sortir des déficits et assurer une vie décente aux plus fragiles d’entre nous. Le revenu minimum universel est une piste à creuser immédiatement.

Mais l’argent ne suffit pas, il faut redonner un but, une dignité à ces masses devenues brutales et prête au pire. Il faut passer de la notion de travail à celle d’activité. Et cette activité doit venir de mille initiatives locales, inclusives. Le revenu minimum doit être donné en contrepartie d’une activité sociale minimale.

Mais c’est également notre démocratie qu’il faut changer. Notre démocratie représentative ne parait plus être si représentative que cela. Je propose que l’Assemblée Nationale soit élue selon un double système, la moitié des députés serait élue au scrutin majoritaire à un tour et ces députés représenteraient leurs circonscriptions, l’autre moitié serait élu à la proportionnelle et représenterait le peuple français. Le Sénat serait remplacé par une assemblée de maximum une centaine de citoyens tirés au sort, désignés pour trois ans, et renouvelés par tiers tous les ans.

Enfin il ne faut souffrir aucune attaque à nos valeurs démocratiques, et appliquer la loi avec rigueur face à la montée de l’inacceptable.

Si l’on ne veut pas que cette auto destruction du vieil occident ne symbolise sa chute face à la montée de nouvelles puissances, il nous faut au plus vite prendre la mesure des défis et adapter sans tarder nos sociétés aux nouvelles réalités.

Ajustement social et fédéralisme de l’Eurozone, voilà de quoi nourrir une formidable campagne présidentielle. Qui aura le courage et la pertinence de porter ces couleurs ?

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