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N’est-il pas grand temps pour le MoDem de se mettre En Marche?

Le MoDem a une qualité unique sur l’échiquier politique français, savoir garder un cap quelle que soit la direction du vent. Et c’est à cette qualité que je fais appel aujourd’hui pour rendre au Modem sa vocation première et étoffer la dynamique d’En Marche.

Cette élection présidentielle sera déterminante tant pour la capacité de la France à enfin embrasser la modernité, que pour l’Europe qui a besoin d’une France audacieuse pour sortir enfin de l’échec de la logique intergouvernementale. Dans les deux cas je doute fort que Fillon puisse faire l’affaire. Fillon s’entend comme la réponse sérieuse à 35 ans de démagogie et d’immobilisme français. Ce n’est pas si mal, même si on a un peu de mal à être convaincu par un candidat qui a été Premier Ministre durant 5 de ces 35 années. En tout cas c’est nettement insuffisant pour répondre aux défis du moment qui dépassent de loin cette réponse tardive à un problème ancien.

La France doit affronter une transition économique, technologique, sociologique, sociétale que Fillon ne semble pour l’heure n’avoir qu’à peine identifiée. Fillon, comme Juppé d’ailleurs, c’est la France figée dans le débat des années 80. Le MoDem avec Fillon c’est un zeste d’UDF qui rejoue la carte du RPR, et c’est demain l’Union de la Gauche assurée, dans la rue. Le MoDem mérite mieux.

Il ne mérite en aucun cas de devenir l’allié d’une conception nationale de l’Europe. L’échec de l’Europe actuelle est justement celui de l’Europe des Nations que nous ne connaissons que trop depuis Nice. Il ne s’agit pas de renier nos cultures nationales, il s’agit de mettre en place une gouvernance démocratique et efficace qui les transcende pour mieux les servir.

De son côté En Marche est en train de réussir la dynamique dont le MoDem rêvait aux lendemains de 2007 ou durant la campagne de 2012. Dépasser les clivages droite-gauche, monter au créneau d’une modernité maitrisée, contre les nostalgiques d’un passé qui n’a jamais existé, oser les réformes qui dérangent, placer l’Europe au cœur du projet. Je conviens volontiers que si les directions sont certes les nôtres les contours restent encore trop flous. Nous serions fidèles à nos engagements si nous nous mettions au service de cette clarification nécessaire.

J’espère de tout cœur que la décision qui sera prise ne sera pas la réponse logique à une simple question de personnes. Capacité à s’entendre avec un vieil ami politique, incapacité à relever un défi immense avec un jeune inconnu qui ne respecte que moyennement ses ainés politiques. Le MoDem en sortirait alors complètement discrédité … s’il en ressortait.

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