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Macron doit mieux saisir les perches tendues par Trump.

Nous allons donc devoir nous habituer rapidement aux pitreries du clown nauséabond qui a hier prononcé son discours d’investiture à Washington. S’habituer ne signifie ni accepter passivement, ni condamner systématiquement à l’aide de moult mots creux. Il faut aussi savoir utiliser Trump comme l’accoucheur d’un nouveau monde qui a bien du mal à se construire. Et nous avons eu la semaine dernière deux épisodes intéressants à cet égard.

Trump a tout d’abord vitupéré contre un OTAN selon lui obsolète, et les Européens de se regarder dans le blanc des yeux de façon gênée en face de propos d’un futur président qui ne voit pas qu’il parle contre ses propres intérêts. Mais le silence gêné des Européens est tout aussi coupable que la bêtise de Trump. Le clown américain nous offre l’opportunité unique de reconnaître objectivement l’obsolescence de l’OTAN et d’enfin y remédier. Je n’ai malheureusement rien entendu d’intelligent à ce sujet dans la bouche des candidats à la présidentielles. C’est en fait mon ancien prof de géostratégie qui a prononcé les mots que j’attendais d’un Macron, qui a perdu là une formidable opportunité de montrer une réelle stature présidentielle. Dommage c’était une fantastique perche tendue pour mettre un peu plus de substance derrière le concept intelligent, nécessaire mais pour l’instant un peu creux de souveraineté européenne. Puisse Macron plus écouter Boniface pour devenir le leader européen dont nous avons urgemment besoin.

Le germanophile qu’est Macron aurait également eu matière à réagir à la germanophobie affichée de Trump. En tant que franco-allemand vivant à Berlin je peux me permettre de dire que la vision qu’a Trump de l’Europe (‘’un véhicule mis à la disposition de l’Allemagne’’) est en fait sans doute largement partagée en Europe, et le restera tant que nous ne sortirons pas d’une approche intergouvernementale de l’Europe. En l’absence de gouvernance réellement commune, et donc en partie fédérale, l’Europe ne sera que le champ soporifique de compromis non démocratiques et boiteux qui ne feront que renforcer les forces et les faiblesses de chacun des États-Membres. Et l’Europe restera cette cible tellement facile pour les populismes de tout bord.

On aurait aimé entendre là une levée de réactions européennes pour défendre une Allemagne odieusement attaquée par un Trump ayant absorbé avec délice la potion germanophobe de bas-étage de son ami Farage. Au lieu de cela on a assisté à un silence quelque peu troublant…

Là-encore j’aurais aimé entendre notre jeune champion des temps nouveaux brandir bien haut l’étendard d’une Europe décomplexée et enfin conséquente, profitant de la bêtise de Trump pour plaider pour un changement stratégique de la nature de l’Europe. Il n’a pas encore eu cette audace.

En fait la chose essentielle que nous devons retenir de cet effroyable discours d’investiture qui nous a tous choqué hier, est une très saine leçon et exhortation pour l’Europe : ACTION !

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