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Macron, France et Europe, l’urgence de l’exigence démocratique.

Nous sommes tous confrontés à des défis immenses, crise du corona virus qui n‘est que le premier arbre qui ne peut plus cacher la forêt du tsunami du changement climatique en cours, redéfinition nécessaire de l‘ensemble de notre modèle économique et social, chaos issu de la fin de l’ancien ordre géopolitique mondial, limites du cadre actuel de la démocratie et qu’il faut donc également redéfinir, et partout masses en révoltes, désespoir mué en haine agressive. Nous n’avons jamais été confrontés à des tâches aussi lourdes de sens, à des dangers aussi imminents.

Nous avons élu il y a près de 3 ans un jeune Président qui semblait avoir compris son temps et compris nos aspirations, et semblait avoir le courage de lancer les folles réformes que la France semblait enfin ne plus vouvoir repousser. Soyons honnête, il a beaucoup délivré sur le fond, même s’il s’est complètement fourvoyé dans la forme. Il a eu soit l’arrogance de la jeunesse, soit pire l’arrogance française, et s’est à tel point mépris qu’il s’est cru Jupiter pouvant mépriser tous ces humains si vils et si imparfaits au regard de la perfection macronienne. D’où des mouvements sociaux et des révoltes qui vont bien au-delà de ce qu’a été la vive opposition aux réformes de Gerhard Schroeder au début des années 2000 en Allemagne.

On peut bien sûr penser que la parenthèse macronienne se fermera aussi rapidement que s’est refermée la parenthèse Matteo Renzzi en Italie. Et ce pourrait être bien mérité. 

On peut aussi se mettre à rêver et espérer que Bonaparte se convertisse enfin à la démocratie devant les injonctions des faits… Ce Bonaparte tellement heureux de pouvoir déclarer la guerre au Covid19 et tellement dépité par la Berezina d’une France humiliée par sa propre défaite et par la victoire tranquille d’une démocratie Allemande tellement placide. Pourvu que l’empereur jupitérien comprenne enfin et les raisons de sa propre défaite en France et les raisons des succès de nos amis allemands. Sans fanfaronnade et inutiles guerre civiles, donner à chacun sa chance, le respect et les responsabilités pour que chacun, quelque soit la place qu’il occupe dans la société, contribue en toute simplicité aux solutions aux problèmes rencontrés par la collectivité. Die Mutter y perd en prestige, mais le pays tout entier y gagne en efficacité et en lien social.

Cette leçon ne vaut pas seulement pour notre empereur déchu ou pour sa start-up nation, cette leçon vaut pour toute l’Europe. Au moment où l’Europe semble enfin sortir de sa léthargie, elle ne doit rien céder aux valeurs démocratiques auxquelles elle se réfère. Le plan de relance européen, espérons-le boosté par l’initiative franco-allemande qui doit beaucoup à Macron, ne contribuera en rien au renouveau européen s’il naît de piètres négociations diplomatiques entre États et n’est pas le fruit d’un véritable débat démocratique européen dans lequel le Parlement Européen ne peut que jouer le premier rôle.

Que ce soit en France ou en Europe la démocratie parlementaire doit être réinventée, pour être sans doute complétée par une nouvelle démocratie participative. Mais il n’y aura pas de salut, et au contraire un chaos dont on ne voit que trop les prémisses, si l’on ne redonne pas dans chacun de nos états européens et au niveau européen, un nouveau souffle démocratique qui mette l’humain et le respect de chacun au centre de toute procédure de décision politique. 

Cela n’exclut pas le besoin de leadership, et celui de Macron est bienvenu, tant en France qu’en Europe, pourvu qu’il se mue en véritable élan démocratique et ‘’progressiste’’.

Vœu pieux écrit quelques heures avant une allocution télévisée de sa Majesté l’Empereur des Français …

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