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Ihar Bantser, Ihar Losik, ne vous tuez pas!

Cher Ihar Bantser, cher Ihar Losik

Ne vous tuez pas. Ne tuez pas les combattants de la liberté que vous êtes. Ne laissez pas Lukashenka gagner. Ne laissez pas la nuit doucement se réinstaller.

Qui suis-je pour vous interpeller, vous sermonner ainsi? Moi qui n’ai pas jamais connu ni la prison, ni le stress épouvantable d’accusations ridicules et savamment répétées? Ni l’absence totale d’hygiène des geôles bélarussiennes. Ni la haine, ni la violence gratuite, ni le total mépris de la part de silovikis complètement décérébrés. De quel droit j’ose ouvrir la bouche, moi le citoyen de cette Union Européenne hypocrite et pleinement responsable de sa parfaite impuissance? Union Européenne dont le seul succès notable est assurément d’avoir placé la Hongrie de Mr Orban parmi les tout premiers bénéficiaires net de l’aide Européenne. Sans doute pour mieux encourager la destruction de l’État de droit ailleurs en Europe, pour mieux encourager la corruption de masse d’un clan au dépend du contribuable européen. Alors qu’attendre pour le Belarus de cette Union si souvent ridiculisée? Rien, sans doute, absolument rien.

Poutine et Lukashenka ont parfaitement raison, nos belles valeurs dites européennes ne méritent que le plus profond mépris quand elles n’existent que gravées dans un marbre purement de façade de trop de slogans de pure communication, comm creuse, mots irréfléchis et hypocrisie aussi verbeuse qu’inconséquente.

Et de fait, ce n’est pas parce qu’on les honore bruyamment, par habitude ou par obligation, que ces valeurs existent. Elles existent, sont immortelles et universelles, parce que certains citoyens les défendent au quotidien, farouchement, sans compromis, passionnément. C’est vous les véritables défenseurs des valeurs européennes. Thucydide a fait dire à Pericles que la force d’Athènes ne résidait ni dans ses remparts, ni dans ses vaisseaux, mais dans le caractère de ses citoyens, et cela reste vrai aujourd’hui. Vous êtes l’Europe que nous aimons, ne la tuez pas.

L’Europe c’est vous, et le sel de l’Europe c’est tout(e)s vos admirables compatriotes bélarussien(ne)s, nos voisins russes bien sûr également, tout ceux qui sont en prison, dans la rue, ou simplement chez eux et sont des femmes et des hommes libres dans leurs coeurs. Et puis l’Europe c’est aussi bien entendu nous, les citoyens de l’Union Européenne, extrêmement meurtris de voir l’insurmontable difficulté que rencontre la Liberté a trouver son chemin au Belarus ou en Russie. C’est donc à nous tous de nous lever, où que nous soyons dans cette Europe d’au-delà les constructions politiques. Opiniâtres. De nous épauler les uns les autres pour ne pas faiblir, même quand les illusions s’évanouissent, même quand le moral est au plus bas, quand le désespoir ou l’épuisement assaillent. Même quand le Leviathan nous écrase. Et à vrai dire que peut attendre Sisyphe d’autre du monstre éternel? Notre victoire résidera encore dans la défense de la moindre lueur, la moindre petite flamme, le moindre mot, la moindre pensée. Libre. La défense de toutes nos sœurs et frères d’armes, des plus modestes aux plus célèbres. Je vous en prie n’éteignez pas la petite flamme de votre vie, actuellement chancelante à vos yeux, que vous croyez perdues, et que nous trouvons admirables.

Très chers Ihar Bantser et Ihar Losik votre suicide ravirait vos pires ennemis et seraient vite oubliés dans le flot cynique et incessant de l’actualité. Vous valez beaucoup mieux que cela, votre combat mérite de ne pas s’éteindre, même si vous n’avez pas choisi d’être des héros. Même si votre force se nourrit aussi de toutes les faiblesses dont nous nous nourrissons aussi. Le Belarus, et l’Europe toute entière, ont plus que jamais besoin de vous.

Citoyens de l’Union Européenne, tellement obsédés par les gestes de mémoire gratuits et si peu enclins à défendre au présent ce que nous chérissons officiellement et trop bruyamment au passé, nous devons nous réveiller, parler, manifester, contacter nos élus, demander des prises de positions publiques, des résolutions parlementaires claires, des sanctions ciblées, des parrainages, des gestes forts de fraternité. La nomination de chacun des prisonniers politiques bélarussiens ou russes comme citoyen d’honneur de l’Union Européenne. 

Il appartient sans aucun doute aux citoyens bélorussiens et russes de réfléchir aujourd’hui à d’autres formes de combat pour que la Liberté triomphe finalement. Il appartient aux citoyens de l’Union Européenne de les accompagner, de les défendre, de les accueillir. 

Nous vous aimons, ne vous tuez pas.

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